KILLING ROBOTS – LE LIEU UNIQUE

J’aime sortir de ma zone de confort et assister à des spectacles divers et variés, dont je ne sais souvent pas grand chose de prime abord ; c’est cette richesse qui me fait aimer la scène d’art contemporain qu’est le Lieu Unique. Que j’ai aimé ou non, je ressors la majorité du temps des représentations avec des choses à dire, des questions ou l’envie d’aller plus loin et d’approfondir certains sujets. C’est ainsi que je suis allée voir Killing Robots, joué dans le cadre de No futur, principalement parce que voir un spectacle avec un robot m’intriguait.

killing robots

pas de crédit

Pour comprendre la genèse de ce spectacle, il est nécessaire de faire un bon dans le temps et de revenir au 27 juillet 2014. Ce jour-là, Hitchbot, un robot autostoppeur, part pour un voyage à travers le Canada. L’objectif sur le papier est plutôt simple, mais il est difficile d’imaginer ce qu’il peut se passer réellement pour ce robot livré à lui-même. Le seul moyen d’avoir des informations à son sujet pendant son périple est le GPS intégré qui permet de suivre sa position en temps réel.

Hitchbot arrive malgré tout sans encombres à destination, riche des nombreuses rencontres qu’il a faites. Tout s’étant bien déroulé, Hitchbot part pour un deuxième voyage, aux Etats-Unis cette fois-ci, avec le même objectif ; mais il faut croire que le destin en avait décidé autrement, puisqu’il est retrouvé démembré dix-sept jours après son départ, à Philadelphie. Les questions qui se posent alors sont nombreuses et restent pendant plusieurs années sans réponses.

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C’est à ce moment-là que débute l’histoire de Killing Robots. Linda Blanchet, metteuse en scène de la pièce, décide de mener l’enquête afin de découvrir le coupable de ce « meurtre ». Elle va ensuite être rejointe par les quatre comédiens, qui vont poursuivre avec elle les recherches. Le spectacle est un condensé – en moins d’une heure et demi – de ces deux ans d’investigation.

Pour les besoins de la pièce, un nouveau robot a vu le jour à Toronto, dans le même laboratoire que celui qui a créé Hitchbot. Les deux robots ont la même apparence, mais l’intelligence artificielle qui a été implantée à Hitchbot 2 n’est pas la même que celle du robot original. En effet, celle-ci avait beau être performante en anglais, les résultats étaient bien moins qualitatifs en français. Le robot semble être assez léger de prime abord mais pèse en réalité une vingtaine de kilos, ce que je trouve assez impressionnant.

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Mon avis sur Killing Robots est assez mitigé, dans la mesure où j’ai vraiment aimé en apprendre sur cette sordide histoire, suivre le voyage du robot à travers les photos qu’il a prises et voir l’enquête évoluer au fur et à mesure du spectacle. Cependant, je dois avouer avoir été assez imperméable à la mise en scène que j’ai trouvée relativement pauvre et peu dynamique ; je suis aussi restée assez septique face au jeu de certains comédiens et je me suis quelque peu ennuyée à plusieurs reprises.

J’ai assisté, suite de la représentation, à une rencontre avec les comédiens et la metteuse en scène et c’est presque la partie que j’ai préférée. Évidemment, il m’aurait été assez compliqué de comprendre les échanges sans avoir vu le spectacle, mais étant donné que c’est la partie documentaire qui m’a le plus intéressée, les témoignages de l’équipe m’ont vraiment plu. C’est ainsi que j’ai découvert les coulisses de cette création ainsi que les raisons qui ont mené Linda Blanchet à s’intéresser à Hitchbot. J’ai ainsi appris qu’elle avait eu accès à un certain nombre d’archives et de témoignages ainsi qu’aux 10 000 photos prises par Hitchbot au fil de son voyage.

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Le spectacle soulève de nombreuses questions assez actuelle, mais j’aimerais m’attarder sur celle du droit à l’image. Bien que l’information n’ait jamais été cachée, peu de gens avaient connaissance du fait qu’Hitchbot prenaient des photos toutes les vingt minutes. La plupart d’entre elles ont donc été prises à l’insu des personnes, qui ne l’ont découvert qu’a posteriori. Pour le côté plus positif, cette expérience montre aussi au grand public qu’une intelligence artificielle peut être pacifique et ne pas avoir d’autres vocations que celle de discuter avec les personnes qu’elle rencontre.

Killing Robots de Linda Blanchet et avec Calypso Baquey, Mike Ladd, Mathieu Montanier, Angélique Zaini et HitchBot 2 au Le Lieu Unique, spectacle joué les 13 et 14 novembre à 20h. Pour plus d’informations concernant les tarifs ou la manière de vous y rendre, je vous renvoie directement vers le site internet du Lieu Unique. Si vous n’êtes pas sur Nantes, pas de panique, la pièce se joue peut-être prochainement à proximité de chez vous.

Les images utilisées dans cet article ne sont présentes que pour illustrer mon propos et restent la propriété de leurs auteurs respectifs.

 

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