LA QUESTION ANIMALE PAR CORINE PELLUCHON

Jeudi dernier, j’ai assisté à une conférence au Lieu Unique intitulée La question animale : enjeux éthiques, politiques et civilisationnels. J’avoue y être allée plus par curiosité qu’autre chose, ne sachant trop à quoi m’attendre ; j’ai donc été agréablement surprise de découvrir un propos intéressant et instructif, et surtout non sectaire bien que défendant un point de vue assez clair.

Corine Pelluchon, philosophe, auteure et professeur d’université en région parisienne, est spécialisée en philosophie politique et d’éthique appliquée. Ses arguments sont donc le fruit d’un travail de plusieurs années, et il en résulte un discours argumenté, détaillé et étayé de sources précises, dont j’aimerais vous faire profiter.

Corine Pelluchon nous rappelle que le végétarisme existe depuis l’Antiquité. Cependant, ce n’est que dans les années 70 que l’on observe une réelle prise de conscience générale au sujet de l’éthique animale. La convergence entre écologie et cause animale, quant à elle, ne date que des années 80.

Pour Corine Pelluchon, la question animale concerne tout le monde. Selon elle, les violences infligées aux animaux ne seraient que le reflet de notre société actuelle, mettant au cœur de son économie l’exploitation illimitée des ressources ainsi que des autres êtres vivants.

Si nous agissons ainsi, ce serait parce que nous ne connaissons que trop mal les autres êtres vivants partageant notre planète. Notre société méprise les animaux, en ce sens où pour nous, ils ne sont qu’un bloc homogène, moins intelligents et différents de l’Homme. Montaigne disait : « On appelle instinct l’intelligence que l’on ne comprend pas ». Elle nomme tout bonnement cela le spécisme, qu’elle compare à d’autres formes de discriminations telles que le racisme ou le sexisme.

Enfin, il n’est pas difficile d’observer qu’il y a un fossé entre la théorie et la pratique. La cause animale intéresse beaucoup, mais rien de concret n’est mis en place ; les lois n’évoluent pas, comme par exemple la loi agriculture-alimentation qui a été rejetée. La France, pays des droits de l’Homme, est en retard sur la question, et les animaux ont besoin de l’Europe pour que leurs conditions de vie puissent évoluer. L’exemple de la Suède, revenu plusieurs fois pendant la conférence, fait réfléchir.

Pour contrer cela, elle propose que soient imposés dans toutes les lois un volet écologique ainsi que la prise en considération de la cause animale ; selon elle, cela aurait plus d’impact et de sens que de défendre ces aspects seuls. Il existe aussi de nombreuses alternatives qu’il suffirait d’exploiter telle que l’utilisation de cuir d’ananas par exemple.

Merci à Corine Pelluchon pour cette conférence captivante. Ceci n’est qu’une transcription partielle de ses propos, retranscrivant ce qui m’a le plus marqué ou interpelée. Si vous souhaitez en savoir plus sur ses travaux, elle a un site internet recensant ses différents livres ainsi que toutes ses interventions à venir.

Si le sujet vous intéresse, cette conférence fait partie d’un cycle de quatre rendez-vous, dont le prochain aura lieu ce jeudi 18 octobre à 18h30 au Lieu Unique sur le thème Enquêter sur la mise à mort des animaux : du déni à la polémique avec la sociologue Catherine Rémy et la journalise Anne Le Pennec comme invitées. L’entrée est libre et gratuite.

L’image utilisée n’est présente que pour illustrer mon propos et reste la propriété de son auteur.

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